Le 12 mai 2026
Le Sénat a rejeté, article par article puis dans son intégralité, la proposition de loi Falorni relative à l’aide à mourir. Ce vote met fin à la deuxième lecture sénatoriale et place le gouvernement face à une question déterminante : est-il raisonnable de poursuivre l’examen d’un texte aussi grave, qui divise autant l’opinion et le Parlement ?
Ce résultat préoccupe profondément l’Association des Éligibles et leurs aidants, non parce qu’il stoppe le texte, mais parce qu’il pourrait précipiter le pire des dénouements : un ultime vote à l’Assemblée nationale rétablissant la version initiale de la proposition de loi. Or cette version, trop imprécise dans ses critères d’éligibilité et trop lacunaire dans ses garanties procédurales, est précisément celle que l’Association dénonce depuis le début. Pour les personnes gravement malades que l’Association représente, une mauvaise loi est plus dangereuse que l’absence de loi.
L’Association demande au Gouvernement de prendre acte qu’il n’existe aucun consensus sur ce texte — ni au Sénat, ni à l’Assemblée nationale, où le nombre de partisans du texte s’amenuise à chaque lecture. Face à un calendrier parlementaire surchargé et au temps que doit encore prendre ce débat pour trouver un accord équilibré, la prudence commande de ne pas précipiter la procédure. Donner le dernier mot à l’Assemblée nationale dans l’urgence, avant la suspension estivale, des discussions budgétaires explosives et une campagne présidentielle déterminante serait une faute que les personnes malades paieraient en premier.
L’Association salue par ailleurs l’adoption définitive de la proposition de loi sur les soins palliatifs. C’est un motif de satisfaction et d’espoir concret pour la prise en charge des membres de l’Association, et la preuve qu’un consensus parlementaire est possible lorsque le temps de la délibération est respecté.
Une présence au banc qui appelle une explication
L’Association des Éligibles s’étonne de la présence de Mme Camille Gaillard-Minier, ministre déléguée chargée de l’Autonomie et des Personnes handicapées, au banc du gouvernement lors de ces débats. Le gouvernement affirme que les personnes en situation de handicap ne sont pas concernées par ce texte. Voir leur ministre de tutelle siéger lors de l’examen de la proposition de loi sur l’aide à mourir est pour le moins déconcertant, et contribue à entretenir une confusion que rien ne justifie.